CAUE de Loir-et-Cher

Retour sur les interventions du CAUE aux 22e Rendez-Vous de l’Histoire

CAUE-RVH2019

Dans le cadre des 22e Rendez-vous de l’Histoire, dédiés à l’Italie, le CAUE a participé à trois rencontres, à Blois, concentrées sur le patrimoine.

Deux se sont déroulées le vendredi 11 octobre, la troisième le dimanche 13 octobre 2019.

« Genius loci, des artistes sardes et italiens engagés sur leurs terres natales »

Le CAUE ayant carte blanche pour proposer une conférence au Château de Blois, le vendredi 11 octobre, il a invité deux historiens de l’art à venir illustrer cette locution latine du « genius loci », qu’on peut traduire par l’esprit du lieu. Claudio Galleri, responsable du Musée Médard à Lunel (consacré au livre et au patrimoine écrit), et Françoise Lonardoni, responsable du service culturel au Musée d’Art Contemporain de Lyon, ont présenté respectivement les parcours de Maria Lai (1919-2013) et de Giuseppe Penone (né en 1947). Ces deux artistes de réputation internationale partagent un point commun : leur démarche créatrice est intimement liée aux racines géographiques et culturelles de leurs terroirs natals.

Maria Lai

Dans son village d’Ulassai en Sardaigne, Maria Lai réalise des œuvres à ciel ouvert, reliées comme elle à la montagne et aux paysages. Une rétrospective de son parcours est présentée cette année à Rome, au MAXXI, à l’occasion du centenaire de sa naissance.

http://www.lacritique.org/article-les-voyages-solaires-du-quotidien-tisses-par-maria-lai

Giuseppe Penone

Quant au sculpteur Giuseppe Penone, natif de la province de Cuneo, il exprime dans ses oeuvres son paysage intérieur, inspiré par la campagne piémontaise où il a grandi. Ses sujets de prédilection, tels que l’arbre, l’eau, le souffle… rejoignent les préoccupations environnementales actuelles, d’autant qu’ils s’accompagnent toujours d’une réflexion sur le temps qui s’écoule et l’empreinte humaine sur la nature.

Introduction au film « Cinema Grattacielo » au Lycée Dessaignes

Toujours le vendredi : à l’invitation de Guillaume Weil, professeur d’arts plastiques au Lycée Dessaignes, et en présence du réalisateur italien Marco Bertozzi, le CAUE est intervenu auprès de lycéens (de 2de et 1ère), en prélude de la projection du documentaire « Cinema Grattacielo », programmée au cinéma Les Lobis, à Blois, dans le cadre des Rendez-vous de l’Histoire et en partenariat avec l’association Ciné’fil.

L’objectif était de donner aux élèves quelques clés pour mieux comprendre le parti-pris par le réalisateur italien de raconter « de l’intérieur » le quotidien du gratte-ciel de Rimini, dans lequel il vit.

Anne-Marie Llanta, directrice du CAUE et architecte, a présenté un exposé sur l’origine des grands ensembles, en rappelant le contexte d’après-guerre, l’urgence à reconstruire des logements et la création des « Zones à Urbaniser en Priorité » (ZUP) en 1958. Cette présentation a permis d’évoquer le contexte historique, démographique, social et technologique qui a favorisé la construction de « gratte-ciels » dans les années 1960, dont le confort et les qualités symbolisaient la modernité.

Devenu emblématique de la ville, le gratte-ciel de Rimini, construit en 1959, pose les questions de l’évolution de l’habitat collectif très dense dans l’urbanisme actuel, mais aussi, et c’est l’essence du film, du microcosme humain qui s’organise à l’intérieur, à l’image d’une ville dans la ville.

De l’avis même d’une élève, et selon ses termes, cette introduction au film « C’était une bonne idée » !

L’architecture antique influence le Val de Loire depuis la Renaissance

Le dimanche 13 octobre, le Conseil départemental avait invité le CAUE à participer à une table ronde intitulée « L’Italie en Val de Loire ».

Après les présentations de Thierry Crépin Leblond, directeur du Musée national de la Renaissance, et de Hélène Lebedel-Carbonnel, conservateur régional adjoint des monuments historiques à la DRAC Centre-Val de Loire, Anne-Marie Llanta a présenté un panorama d’édifices architecturaux du Val de Loire, depuis la Renaissance jusqu’au XXe siècle (châteaux, hôtels particuliers, églises, bâtiments publics…), dont le vocabulaire architectural a été influencé par les modèles gréco-romains – notamment le rôle joué par Vitruve et Sebastiano Serlio, – mais aussi l’importance des voyages en Italie, au plus près des modèles antiques.

Cet exposé a permis d’illustrer la richesse du style Renaissance en Val de Loire, puisé à la source de l’Antiquité et favorisé par la présence du Roi et de sa cour dans la région, mais aussi de la noblesse issue du monde de la finance et du grand commerce.