CAUE de Loir-et-Cher

Rencontre Architecture & Collectivités dans le Loir-et-Cher – 23/10/15

Architectures et Paysages « La commande architecturale : un achat pas comme les autres »

Le vendredi 23 octobre 2015 à Blois, à l’Ecole de la Nature et du Paysage – INSA Centre-Val de Loire :

Ces rencontres départementales «Architecture et Collectivités» étaient organisées par le Conseil régional de l’ordre des architectes (CROA) Centre-Val de Loire, avec le soutien de la Direction régionale des affaires culturelles du Centre-Val de Loire, pour sensibiliser les acteurs de la commande publique à la promotion de la qualité architecturale, urbaine et paysagère à partir des expériences et des bonnes pratiques observées dans chaque département.

Le principe d’une rencontre annuelle par département a été acté entre le CROA et la DRAC. Cette journée dans le Loir-et-Cher fait suite à une première rencontre organisée dans le département de l’Indre au mois d’octobre 2014.

Ces rencontres sont un lieu d’échange et de débats entre les acteurs de la commande publique, les structures en charge du conseil et de la promotion architecturales et les professionnels de l’architecture dans le département du Loir-et-Cher.

 

Article de la Nouvelle République 41 :

Préfet, élus et architectes étaient réunis vendredi à l’École du paysage de Blois pour les rencontres départementales “ Architecture et collectivités ”.

 L e Français veut une maison dont il puisse faire le tour analyse Sylvie Le Clech. La directrice de la Drac Centre est avec Frédéric Skarbek, le président du conseil régional de l’ordre des architectes, à l’origine de ce colloque mettant en rapport maîtres d’œuvre et maîtres d’ouvrage.

Gérer des paradoxes est un travail quotidien : « Néoruraux par rapport aux familles installées de longue date, petit patrimoine incorporé dans le grand, contraintes économiques et désirs ambitieux… Mais le choix du patrimoine n’est pas accumulatif, on peut aussi parfaitement démolir. » Ça dépend quoi ! Comme les documents envoyés au pilon dans les archives ou les bibliothèques, les choix draconiens sont souvent éclairés par les échanges entre intervenants divers.

Illustration convaincante

D’où l’intérêt de ce colloque permettant de croiser les points de vue, de mettre en lumière les difficultés auxquels donneurs d’ordre et architectes sont confrontés, et de mettre sur la table les expériences dont chacun peut tirer parti. D’autant que les échanges sont facilités par le caractère presque « intime » de la réunion (80 personnes).
« Nous avons chaque année de 100 à 150 dossiers en cours » indique Marie-Hélène Millet, présidente du CAUE (conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement).
Il sera beaucoup question du CAUE, dont les apports, pour petits et grands, sont estimés à leur juste valeur. Ce que confirment les deux interlocuteurs suivants présentant un projet exemplaire réalisé à Montlivault !
« Le CAUE s’est montré d’excellent conseil. » « Je connaissais José Alonso qui avait mené à bien la restauration de l’église » explique Nicole Chevallier, maire à l’époque des faits. « Nous avons néanmoins lancé un appel d’offre, et son projet était celui qui convenait le mieux au cœur de village. Il fallait revoir le pluvial, rendre l’église accessible aux handicapés, revoir le plan de stationnement et de circulation. » Le tout en allant vite pour ne pas tomber hors temps des subventions… En plus, gaffe, on est sur la route de Chambord !
« Sans la confiance de Nicole Chevallier, nous n’aurions pas fait grand-chose » reconnaît l’architecte José Alonso. Celui-ci, lors des 8 ans de restauration de l’église – ah cette charpente de la fin du XIIe – avait eu le temps de s’acclimater à la petite ville de 1.360 habitants.
Il a d’abord été choisi de mettre l’église en valeur plutôt que d’user d’un vocabulaire moderne trop décalé. « Nous avons choisi de ramener du végétal – qui rend le sol plus perméable – d’étendre l’espace piéton face au stationnement anarchique des voitures (espace 30 km/h), d’enfouir les réseaux. » Bois, végétaux, béton/pierre, épicéa, mais aussi polycarbonate, ont aussi servi à englober divers outils peu « glamour » : conglomérat de boîtes à lettres, garage à vélos, et toilettes publiques !
Le tout avec une structure boisée à claires-voies, alors qu’on construisait plus loin un belvédère à « colombages » apprécié des randonneurs. Plus un éclairage dégressif de nuit. Le détail concret des opérations avait de quoi mettre l’eau à la bouche. D’ailleurs, Nicole Chevallier concluait : « Tout cela montre qu’on a besoin d’architectes ! » Alain Vildart

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